Ce que la nuit garde
Sur les mois passés à bâtir L'ombre d'Helix, et sur ce qu'un univers demande avant d'accepter de tenir debout.
I.Auteur de romans policiers
Tim Cobs écrit des polars qui prennent le temps des silences, des marges et des fausses pistes — pour mieux frapper là où on ne regarde plus.
II.Neuf heures du soir
« Un téléphone qui sonne à neuf heures du soir.
Une nièce dans le coma, à Marseille.
Et dix ans de silence à dénouer. »
III.Le livre
Une enquête d'Owen Ashford
Trois semaines pour réparer ce que dix ans de silence avaient pris soin d'enterrer.
Neuf heures du soir à Brooklyn. Le téléphone d'Owen Ashford sonne — c'est Marcus, son frère, qu'il n'a pas eu au bout du fil depuis quatre ans. À Marseille, sa nièce Sarah, vingt-trois ans, agent de protection chez Alliance Security, gît dans le coma à la Timone, une balle entrée par l'arrière du crâne. On l'accuse d'avoir aidé à enlever Lise De La Tour, seize ans, fille d'Hélène De La Tour qui dirige Helix, le groupe français qui domine la téléphonie mobile. Owen, ex-CIA reconverti détective, prend le premier vol pour la France. Pendant trois semaines, entre Marseille et Aix-en-Provence — du Vieux-Port aux bastides de la campagne aixoise, des arrière-salles d'Alliance Security à un siège industriel verrouillé dix ans plus tôt — il remonte une piste qui mène plus loin qu'un enlèvement, jusqu'à un secret de neurotechnologie scellé une nuit d'octobre 2016, et à une question qu'il n'avait jamais voulu se poser : ce qu'on n'a pas dit à Sarah, et qui a fini par la rattraper.
IV.Chapitre 1 — L'Appel
Les premières pages.
Le téléphone sonna à neuf heures du soir et Owen, qui depuis quelques mois ne décrochait plus aux numéros qu'il ne reconnaissait pas, ne reconnut pas celui-ci tout de suite — il fallut une seconde, ou peut-être deux, le temps que les chiffres au bas de l'écran descendent jusqu'à un coin de mémoire qu'il n'ouvrait plus, pour qu'il comprenne qu'il s'agissait du portable de Marcus. La première chose qu'il pensa, et il s'en rendit compte aussitôt avec un dégoût qui n'était pas neuf, fut que son frère ne l'appellerait pas à neuf heures du soir un mardi pour rien. La deuxième fut qu'il préférait ne pas savoir.
Il décrocha quand même.
— Owen.
La voix était basse, déposée, comme un homme qui aurait répété la phrase plusieurs fois avant de la dire et qui, au moment de la dire, aurait perdu le fil de ce qui devait venir après. Il y eut un silence. Un bruit derrière, plus dur qu'une rue ou qu'une chambre : du carrelage, un chariot peut-être, une voix lointaine qui appelait quelqu'un en français.
— Marcus.
— Sarah.
V.Carnet d'écriture
Sur les mois passés à bâtir L'ombre d'Helix, et sur ce qu'un univers demande avant d'accepter de tenir debout.
Sur l'art d'ouvrir un roman policier sans trahir ce qu'on cherche encore à comprendre soi-même.